Oui avec plaisir, Patrick Bouchain
Villa Noailles Editions, 2006

Comment exposer le travail de l’architecte quand il suffit de parcourir, toucher, regarder ses édifices, quand il est possible d’entrer, s’asseoir et devenir spectateur-acteur des aventures qu’ils contiennent? Alors, l’exercice de l’exposition devient aussi un projet (au sens architectural du terme): celui de présenter l’avant et l’aprèss des bâtiments. Ces expositions sur l’architecture contemporaine s’inscrivent dans le site historique de la villa Noailles. Ainsi, une relation spécifique aux espaces d’une modernité surréaliste que sont la piscine, le squash et le gymnase est réinventée à chaque fois. Ces échanges architecturaux révèlent, autrement, les lieux conçus dans les années vingt par l’architecte Robert Mallet-Stevens.
Oui, avec plaisir!

La Grange au lac, le Caravansérail, le chapiteau de l’Ecole nationale du cirque de Rosny-sous-Bois, l’Académie nationale contemporaine des arts du cirque Annie Fratellini, le Théâtre équestre Zingaro, l’Académie du spectacle équestre Bartabas: toutes ces réalisations de Patrick Bouchain renvoient à des architectures nomades, circassiennes ou théâtrales et pourtant, chacune est un univers inclassable, mais réel, une histoire qui évolue au fil des rencontres.
Ces projets sont choisis dans l’oeuvre de Patrick Bouchain comme autant de rencontres possibles. L’exposition est construite autour de séquences allant de la conception à la réalisation traversant le parcours, les engagements et les combats de l’architecte. C’est au visiteur de relier cette succession de moments comme sa propre interprétation de l’événement.

L’avant-projet…

Dans les dialogues avec Patrick Bouchain se révèlent et se cachent les enjeux de ses projets. Tous les outils de conception sont utiles -croquis, maquettes, images informatiques, schémas, collages- et déclinent ces enjeux comme autant d’explorations du réel. Tous préparent le chantier: cette performance qui se joue sans répétition. Cette interprétation qu’il dirige par le dialogue. présenter ces dialogues et ces outils, c’est pénétrer dans un « cabinet de curiosités » rarement ouvert.

… et l’après-projet

Au-delà des clichés conventionnels saisissant immédiatement après le chantier la construction encore vide, la volonté est ici d’entrer dans des projets déjà habités; C’est l’objet de la commande de la villa Noailles au photographe Cyrille Weiner. Le travail réalisé se situe dans le prolongement de sa démarche artistique sur « l’usage des lieux ». Il a capté les relations d’intimité des habtitants, spectateurs, artistes et élèves avec les lieux, mais aussi les transformations lors des répétitions, les essais de lumières, le jeu des corps dans l’espace et l’attente du prochain spectacle.

Florence Sarano, architecte, commissaire de l’exposition

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