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Cyrille Weiner, un laboratoire urbain dans le viseur

Par Guillaume Gesret, Nanterre Info
Du lundi 05 Mars 2018

Article à retrouver ici

 

Cyrille Weiner, photographe de son état, s’intéresse aux transformations urbaines et a choisi Nanterre comme terrain d’expérimentation. Ses photos, dernièrement exposées à la BnF, donnent à voir des espaces à la marge, où interagissent le naturel et le construit.

C’est l’affiche de l’exposition, Paysages français, une aventure photographique 1984-2017, placardée dans les couloirs du métro, qui nous a mis sur la piste de Cyrille Weiner. Sur la photo, on voit un cheval de trait défrichant un pré bordé par les tours de la Garde républicaine. Un cliché que Cyrille Weiner a pris en 2008… Pour en savoir plus, nous le retrouvons dans son studio photo niché dans une arrière-cour à Montreuil, en train de se faire couler un café. « À partir de 2004, j’ai entamé un travail de dix ans sur la friche située sur l’axe historique reliant Le Louvre à Saint Germain-en-Laye [Les Terrasses aujourd’hui]. Nanterre est un livre ouvert de l’histoire urbaine d’après-guerre, une ville en constante transformation. »
Très vite, Cyrille Weiner rencontre Roger des Près et la bande de La Ferme du bonheur. « Pour cette série, que j’ai nommée La Fabrique du pré, je suis parti d’une approche documentaire pour dériver peu à peu vers l’imaginaire. Mes photos ne sont pas illustratives. Elles donnent à voir des espaces mouvants, entre ville et campagne. Des endroits où la nature reprend ses droits. » Sur un bout d’autoroute retourné à l’état sauvage, l’artiste montre les poussées de sève qui font craquer le bitume, les plantes qui s’agrippent aux parapets. Le photographe se dit très admiratif de l’action portée par l’équipe de la Ferme du bonheur. “Comme rescapés des villes où triomphe le repli sur soi, ces hommes reconquièrent ici leur temps, leur énergie et leur imaginaire“, lit-on dans la préface de son livre, un très bel ouvrage sorti à l’occasion de l’exposition de la Bibliothèque nationale de France (BnF) qui s’est achevée le mois dernier.

Les gens de l’avenue Jenny

Aujourd’hui, Cyrille Weiner a très envie de revenir à Nanterre pour explorer le quartier des Groues. Un retour à ses premières amours – Cyrille Weiner ayant passé beaucoup de temps dans ce secteur en 2001. “J’étais à l’époque étudiant à l’Ecole Louis-Lumière. J’ai photographié les habitants de l’avenue Jenny durant plusieurs semaines.” Cette série, exposée aux Rencontres d’Arles et à la Villa des Tourelles, montre des scènes de vie et dresse les portraits des gens qui vivent dans ce “décor de B.D.” Et de poursuivre : “L’avenue Jenny est très singulière. Elle mesure seulement 200 mètres de longueur et les petits pavillons de bric et de broc contrastent avec les tours de La Défense, juste à côté.” Dix-sept ans plus tard, il s’apprête à poser une nouvelle fois son regard sur ce paysage urbain en pleine mutation. Car depuis, Cyrille Weiner s’est détourné du portrait pour se spécialiser dans la photographie d’architecture et de paysage. Ce glissement nous semble soudain naturel quand il s’explique: “Faire une photo d’architecture, c’est faire le portrait d’un bâtiment, en saisir les caractéristiques et les expressions.” À Nanterre, le photographe a bien évidemment été attiré par “la poésie” des tours Aillaud et par leur “caractère utopique“. Il a également scruté de près leur réalisation sur l’axe des Terrasses.

Prix, expositions et publications

pour autant, Nanterre n’est pas son seul terrain de jeu. L’artiste a mené des travaux personnels à Marseille, à Brasilia et en Mongolie qui lui ont valu des prix, des expositions dans des musées et de nombreuses publications dans les magazines (M, le magazine du Monde, Artpress, British Journal of Photography…). Ses photos figurent aussi dans plusieurs ouvrages, dont il signe souvent la direction artistique pour le compte de maisons d’édition. Autant de publications qui sont le résultat de collaborations avec de grands noms de l’architecture contemporaine. Au fil des années, Cyrille Weiner est en effet devenu proche d’architectes tels que Patrick Bouchain, François Leclercq ou encore Rem Koolhaas qui lui demandent de poser son regard sensible sur leurs créations.

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